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Le verre INAO, étalon des dégustations comparatives

Le verre INAO, étalon des dégustations comparatives

Haut de 155 mm et rempli de 50 ml à peine, le verre INAO de dégustation sert à comparer les arômes et la couleur des vins, pas à les mettre en scène. Pour la dégustation à l'aveugle, l'apprentissage ou un concours, ce verre transparent et normalisé gagne ; pour le plaisir d'un grand vin rouge ou d'un saint-émilion à table, un verre plus ample convient mieux.

Prendre un verre INAO
pour une dégustation comparative, un atelier, un club ou une formation : tous les vins sont jugés dans le même contenant.
Garder un verre de table
pour un repas, un vin de garde ou un blanc ample, que le petit calice resserré brime un peu.
Vérifier avant l'achat
la conformité à la norme ISO 3591, la matière (cristallin ou verre sodocalcique) et la tenue au lave-vaisselle.

Ce que la norme ISO 3591 fixe au millimètre

Le verre INAO porte aussi le nom de verre ISO : sa forme est décrite par la norme internationale ISO 3591, publiée en 1977, qui reprend une norme française de l'AFNOR du début des années 1970. Chaque cote y est donnée avec sa tolérance, ce qui rend deux verres conformes interchangeables d'une salle de dégustation à l'autre. La forme est celle d'un œuf tronqué posé sur une jambe : un calice plus large au milieu qu'à l'ouverture, pour que les arômes se concentrent vers le nez au lieu de s'échapper.

Cote du verreValeur de la norme
Hauteur totale155 mm (plus ou moins 5)
Hauteur du calice100 mm
Diamètre de l'ouverture46 mm
Diamètre le plus large du calice65 mm
Diamètre du pied65 mm
Contenance totaleenviron 215 ml
Quantité de vin servie50 ml

La norme demande aussi une paroi fine, un verre incolore et sans décor : un verre transparent laisse lire la robe sans la teinter, ce qui compte autant pour un vin blanc que pour un rouge. Un verre « type INAO » vendu sans référence à la norme peut s'en écarter de quelques millimètres ; pour un usage d'amateur, l'écart reste mineur, pour un jury il ne l'est pas.

Avant d'acheter, la fiche produit du fabricant doit donner ces caractéristiques : dimensions, capacité, matière et lieu de fabrication. Un produit conçu pour la dégustation professionnelle les affiche toutes ; un verre de design vendu sous l'appellation « INAO » sans aucune dimension mérite la méfiance. La haute brillance d'un verre fabriqué en cristallin flatte l'œil sans rien changer à la perception du vin.

Verre INAO ou verre de table : le comparatif critère par critère

Le verdict tient en deux lignes. Le verre INAO pour comparer, apprendre et noter ; un verre de table, ballon ou tulipe plus ample, pour boire un vin précis dans les meilleures conditions. Le tableau suivant détaille où chacun prend l'avantage.

CritèreVerre INAOVerre de table ou de sommelier
Neutralité entre les vinsTotale : même forme pour tousVariable : la forme favorise un style
Lecture de la robeBonne, verre transparent et petit volumeBonne, surface de vin plus large
Expression d'un grand rougeContenue, le vin manque d'airMeilleure dans un grand calice
Encombrement et rangementFaible, se range par dizainesPlus important
RobustesseBonne en verre trempéVariable, fragile en cristal fin
Usage idéalDégustation à l'aveugle, cours, salonRepas, vin de garde, plaisir

Le principal piège du verre INAO tient à sa petite taille : un rouge tannique ou un vieux bourgogne s'y ouvre mal, et un amateur qui ne boit qu'un vin par soir n'en tire presque rien. Celui qui compare deux millésimes ou trois cépages en gagne au contraire beaucoup. Pour un seul modèle à tout faire au quotidien, un verre à vin universel de taille moyenne reste le meilleur compromis.

Quelle quantité de vin verser dans un verre INAO ?

La norme fixe la prise d'essai à 50 ml, soit environ le quart de la contenance, ce qui correspond au niveau de la partie la plus large du calice. Cette quantité laisse au vin assez de surface pour libérer ses arômes et assez de vide au-dessus pour les retenir quand on fait tourner le verre. Remplir davantage empêche l'agitation et noie le nez ; verser moins rend la lecture de la robe difficile.

En pratique, une bouteille de 75 cl sert donc une quinzaine de verres de dégustation, ce qui fait du verre INAO l'outil naturel des salons et des caves qui font goûter. Pour un vin blanc servi frais, la petite quantité se réchauffe vite dans la main : tenir le verre par la jambe, jamais par le calice, et resservir plutôt que remplir.

Cristallin, verre sodocalcique ou trempé : quel modèle INAO choisir ?

Tous les verres INAO ont la même forme ; ils diffèrent par la matière, la finition du buvant et la résistance. Trois familles se partagent l'offre des fabricants spécialisés comme Lehmann, Stölzle ou Arcoroc.

Le verre en cristallin sans plomb

Le cristallin sans plomb donne un buvant plus fin et une paroi plus transparente, avec un éclat proche du cristal. C'est le choix haut de gamme des écoles et des sommeliers qui dégustent chaque jour. Il passe au lave-vaisselle à condition de le caler, mais il casse plus facilement qu'un verre ordinaire. Pour comprendre ce que la finesse change vraiment, la page sur le verre soufflé bouche face au verre machine détaille les procédés.

Le verre sodocalcique, souvent trempé

Plus épais, moins cher et bien plus robuste, le verre sodocalcique trempé équipe les salons, les restaurants et les associations. Le buvant est un peu plus marqué en bouche, sans gêner la comparaison puisque tous les vins y sont jugés de la même façon.

Coffret, lot de 6 verres et logo gravé

Les verres INAO se vendent en lot de 6 verres, en carton de 24 ou en coffret. Le coffret sert surtout au cadeau : pour un amateur qui débute la dégustation, un coffret de six verres INAO accompagné d'un carnet de notes vaut mieux qu'un service de prestige, et la page sur le coffret de verres à vin à offrir compare les autres options. Les domaines, cavistes et organisateurs de salons commandent souvent un verre INAO avec logo, gravé ou sérigraphié sur le pied ou le calice. Un logo discret, placé bas, ne gêne pas la lecture de la robe ; un logo coloré sur toute la face du calice, si.

Les appellations « Saint » à l'aveugle : un exercice taillé pour ce verre

Le verre INAO montre son intérêt quand on aligne des vins proches. Un exercice classique en club consiste à servir à l'aveugle des appellations qui commencent toutes par « Saint », dans des verres identiques, et à les rattacher à leur région. La neutralité du verre interdit alors de deviner par la forme ou la quantité servie.

  • Bordeaux : saint-émilion et sa voisine saint-émilion grand cru sur la rive droite, face au saint-estèphe et au saint-julien du Médoc ; le duel merlot contre cabernet-sauvignon se lit bien dans un petit calice.
  • Vallée du Rhône : le saint-joseph rouge en syrah, à comparer au saint-péray, un vin blanc ou effervescent de marsanne et roussanne.
  • Bourgogne et Beaujolais : saint-véran et saint-aubin en chardonnay, saint-bris en sauvignon, et le saint-amour en gamay.
  • Val de Loire et Sud : saint-nicolas-de-bourgueil en cabernet franc, saint-chinian en Languedoc, saint-mont dans le Sud-Ouest.

Sept ou huit vins suffisent pour une séance : servis à 50 ml dans un verre INAO, ils tiennent sur une table et dans deux bouteilles entamées par appellation. Le même alignement dans des verres de formes différentes fausserait la comparaison dès le premier nez.

Pour utiliser au mieux l'exercice, noter pour chaque saint servi la couleur, les arômes et le terroir supposé avant de lever l'anonymat. Un saint-joseph et un saint-chinian se ressemblent parfois plus qu'on ne le croit, un saint-véran et un saint-aubin aussi : c'est là que l'expérience se forge, dans une utilisation répétée du même verre classique. Le même exercice se décline avec des rosés de Provence ou des flûtes de crémant servies à part.

Une petite histoire du verre INAO

Le verre porte le nom de l'Institut national des appellations d'origine, créé en 1935 pour protéger les vins d'appellation et devenu en 2007 l'Institut national de l'origine et de la qualité, en gardant son sigle. Au début des années 1970, des œnologues et dégustateurs français cherchent un verre unique pour juger les vins d'appellation de façon égale : la forme retenue est normalisée par l'AFNOR, puis par l'ISO en 1977. Elle s'est imposée depuis dans les concours, les laboratoires d'analyse sensorielle et les formations, en France comme à l'étranger.

Des verres plus récents, dessinés pour un cépage ou un style, ont enrichi la table, et la sélection des accessoires qui valent l'achat pour ouvrir et conserver les situe face au verre INAO. Mais aucun n'a remplacé ce dernier comme référence commune : c'est sa banalité voulue qui en fait la valeur.

Verre INAO : les cas limites avant l'achat

Le verre INAO convient-il aux vins effervescents ?

Pour une dégustation comparative de crémants ou de champagnes, il fonctionne et permet de juger la bulle et le nez dans les mêmes conditions. Pour servir un effervescent à l'apéritif, une flûte ou une tulipe garde mieux l'effervescence.

Peut-on laver un verre INAO au lave-vaisselle ?

Les modèles en verre trempé et la plupart des cristallins sans plomb le supportent, sur un programme doux et bien calés. Un rinçage à l'eau chaude sans produit parfumé évite qu'un résidu de détergent ne s'invite au nez du vin suivant.

Un verre « type INAO » vaut-il un verre certifié ?

Pour un usage d'amateur, oui le plus souvent : la forme générale suffit à comparer des vins entre eux. Pour un jury, un concours ou une formation qualifiante, mieux vaut un modèle annoncé conforme à la norme ISO 3591.

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