Histoire du verre à vin

Depuis que le vin existe, il y a toujours eu une façon de le contenir. A travers les siècles, de nombreux types de récipients ont été utilisés avant d’aboutir aux verres à vin que nous connaissons.

L’histoire des verres à vin commence avec la découverte et la production des premiers matériaux en verre. Différents types de verres, comme l’obsidienne (ou verre volcanique), existent naturellement dans notre paysage et sont utilisés dans la fabrication d’armes et d’outils à partir de l’âge de pierre.

C’est en Égypte, dans le troisième millénaire avant notre ère, que commence réellement la production de verre, celui-ci étant essentiellement utilisé dans la bijouterie. Toutefois, ce n’est qu’à partir du règne de Thoutmôsis III (1479-1425 av. JC) que nous voyons apparaitre les premières vaisselles en verre. Il existe d'ailleurs plusieurs formules de fabrication du verre contenues dans les tablettes de la bibliothèque du roi assyrien Assurbanipal (668-627 av. JC). D’une manière intéressante, ces formules utilisent fondamentalement les mêmes ingrédients que ceux utilisés dans le verre actuel, mais avec des proportions différentes.

Dans son encyclopédie nommée Histoire Naturelle, Pline l’Ancien (23-79 apr. JC) décrit la composition et la fabrication du verre qui, à cette époque, était aussi cher que les métaux précieux de l’empire romain. Il pense que le verre est le meilleur récipient pour boire du vin, même si le temps requis pour le produire rend l’utilisation des verres à vin trop couteuse et peu réaliste.

En attendant, au sortir de l’âge de bronze, les romains utilisent des gobelets faits de plomb, d’argent ou de poterie. Durant ce temps, la technologie des récipients évolue énormément et beaucoup d’alternatives au verre sont employées dans les différentes parties du monde.

Les bretons du 5e siècle créent un vase peu profond et évasé muni d’un pied, nommé kylix.  D’autres types de kylix sont plus fonctionnels, avec des pieds plus courts ou des coupes plus larges. La vaisselle en faïence est alors principalement utilisée.
Jusqu’en 785, date à partir de laquelle elles sont interdites, les cruches en corne sont utilisées par l’église pour les communions. Durant les 400 années suivantes, l’église opte pour des calices en bois, puis en argent, puis enfin en or.

Vers la fin du premier millénaire, des choppes en bois sont communément utilisées dans les maisons et les tavernes.
Les récipients en cuir, connus sous le nom de ‘Black Jacks’ deviennent populaires au 14e siècle. Ils sont constitués de morceaux de cuir cousus ensemble pour former la forme d'un pot et d'une poignée. La première partie du nom (black) vient du revêtement noir utilisé à l’intérieur du pot. La seconde partie (Jack) est tirée du cuir utilisé pour fabriquer ce gobelet. Ces matériaux sont similaires aux vestes de cuir utilisées comme vêtement de protection et connues sous le nom de ‘jack of defense’.
A partir de là, le verre à vin est sur la bonne voie. Avec l’amélioration des méthodes de fabrication du verre, les prix diminuent et le verre devient le matériel de choix pour la fabrication de verres à vin. A l’aube du 14e siècle, nous voyons apparaitre les premiers exemples de verres à vin possédant un pied.
Mais l’histoire des verres à vin ne serait pas complète sans évoquer la période vénitienne. Aux alentours de l’an 1000, les vénitiens ramènent du proche orient le savoir faire de la fabrication du verre. Au 14e siècle, Venise devient le centre de l’univers du verre. Sur l'île de Murano, située au nord de Venise, les fabricants de verre sont les citoyens les plus proéminents. C’est à cet endroit que l’art vénitien se perfectionne. A la fin du 16e siècle, la renommée des verres vénitiens s’étend sur toute l’Europe et beaucoup de vénitiens s’établissent à l’étranger pour exporter les techniques perfectionnées dans leur pays.

Ce qu'on appelle la « façon de Venise » est omniprésente dans les verreries européennes. Vers la fin du 17e siècle, le prestige du verre vénitien commence à décliner, mais son emprise sur l’Europe est déjà totale. Chaque pays a commencé à produire ses propres versions de verres de styles vénitiens.

A cette époque, les fabricants de verres ont besoin d’une énorme quantité de bois pour chauffer et faire fondre le verre. C’est pourquoi bon nombre d’entre eux migrent vers des endroits forestiers, comme la bohème du nord où Johann Christophe Riedel est né (en 1678). C’est à cet endroit qu’il apprend l’art de la verrerie et acquière les bases du commerce. Désormais, le nom Riedel est synonyme de verres à vin de qualité. C'est cette famille qui rend populaires les verres à vin à pied transparents,  aux alentours de 1740.

Durant le 19e siècle, les verres à vin sont souvent produits et vendus par famille, avec à chaque fois une douzaine de verres à Porto et Xeres, verres à Bourgogne et Bordeaux, veres à Champagne et liqueurs.

La seconde moitié du 20 siècle voit la venue de nouvelles formes de verres adaptées à chaque variété de vin. En 1973, Riedel introduit sa série de verres à vin nommé Sommelier, qui possède 10 tailles de verres différentes, chaque taille étant adaptée à un type de vin particulier.

Depuis Riedel, l’avenir des verres à vin est assuré – les nuances des vins du monde peuvent désormais être évaluées et appréciées comme jamais dans l’histoire.